PROJET RÉSIAN – TAHOUA · CAPITALISATION RéSian à Tahoua : au terme du projet, le consortium ACF – ADESA – Intersos met l’expérience en partage
Autorités, équipes de terrain et bénéficiaires se sont réunis à la mairie centrale de Tahoua pour tirer les enseignements d’une intervention menée à Tillia et à Tchintabaraden auprès de populations éprouvées par la crise alimentaire et nutritionnelle. Tahoua. Il est des projets dont la valeur ne se mesure pas seulement aux ouvrages réalisés ou aux ménages assistés, mais à la capacité de ceux qui les portent à regarder leur propre action avec lucidité. C’est dans cet esprit que s’est tenu, en septembre 2026, à la mairie centrale de la Commune Urbaine de Tahoua, l’atelier de capitalisation et de partage des leçons apprises du projet de renforcement de la résilience des communautés vulnérables, déplacées et hôtes affectées par la crise alimentaire et nutritionnelle, plus connu sous le nom de RéSian. Financé par la Coopération italienne, à travers l’AICS, le projet est mis en œuvre dans les départements de Tillia et de Tchintabaraden par un consortium réunissant Action Contre la Faim, chargée de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de la santé-nutrition et du plaidoyer, Intersos, qui conduit le volet protection, et l’ONG ADESA, partenaire de proximité et de mobilisation communautaire. Il vise à répondre aux besoins urgents nés des crises humanitaires tout en consolidant, à long terme, la résilience des réfugiés, des déplacés internes, des populations de retour et des communautés d’accueil. Il cible 9 130 personnes, parmi lesquelles 386 vivent avec un handicap. Une assemblée à l’image du projet La composition de l’assistance disait déjà l’esprit de la rencontre. Étaient présents le représentant du Gouverneur de la région de Tahoua, celui du Préfet de Tchintabaraden et le Préfet de Tillia, les administrateurs délégués des communes de Tillia, de Tchinta, d’Edouk et de Kao, les autorités traditionnelles, les services techniques, les membres du consortium, les agents de terrain et, surtout, les bénéficiaires eux-mêmes. Cette présence conjointe a permis de confronter des perceptions parfois différentes de la mise en œuvre et de faire remonter des enseignements puisés directement dans l’expérience vécue. Présenter, débattre, amender Les travaux se sont ouverts sur la présentation des résultats du projet, qui a offert à chacun une vue d’ensemble des interventions menées en sécurité alimentaire et nutrition, en eau, hygiène et assainissement, en santé et en protection, ainsi qu’en plaidoyer et en renforcement de la résilience économique des femmes. Les participants se sont ensuite répartis en trois groupes de travail, chargés d’examiner les facteurs de réussite, les bonnes pratiques, les difficultés rencontrées, les solutions apportées ou envisageables et les recommandations pour de futures interventions. Les conclusions de chaque groupe ont été restituées en plénière, discutées, amendées, puis consolidées, jusqu’à dégager une compréhension commune de ce qu’il convenait de retenir. Ce qui a fait la réussite De ces échanges, quatre leviers se détachent nettement. Le premier tient à la coordination entre les partenaires du consortium, dont la complémentarité des rôles a permis de mobiliser des compétences variées dans plusieurs secteurs. Le deuxième réside dans l’implication des autorités administratives et traditionnelles, qui a facilité l’appropriation du projet, la coordination et l’accès aux communautés. Le troisième est la disponibilité des services techniques de l’État, gage d’ancrage institutionnel et de qualité. Le dernier, enfin, est l’engagement des bénéficiaires, sans lequel aucune durabilité des acquis n’est envisageable. Le projet a également permis une participation accrue des femmes dans l’agro-business, grâce à l’amélioration des pratiques de production, de conservation et de transformation des produits locaux, dont les groupements Djidal, pour la transformation laitière, et Zaredate, pour le maraîchage, offrent aujourd’hui une illustration concrète. Des contraintes assumées sans détour L’atelier n’a pas éludé les difficultés. La présence d’individus armés dans certaines zones d’intervention a pesé sur le déroulement des activités, tandis que l’accès aux localités a été entravé par le mauvais état des pistes, par la présence possible de zones minées et par des restrictions imposées par les autorités. Le calendrier a lui aussi été éprouvant : prévu sur quinze mois, le projet n’en a compté que douze, et les activités n’ont pu être achevées qu’après une prolongation de trois mois. Certaines actions, notamment celles relatives à l’agroécologie, ont en outre été menées à une période peu opportune, marquée par la rareté de l’eau. Huit leçons pour l’avenir De ce constat sont nées huit leçons. Elles invitent à renforcer la coordination entre partenaires, à associer les autorités dès la conception, à placer les communautés au cœur des interventions et à adapter la programmation aux réalités sécuritaires et environnementales. Elles recommandent aussi un suivi de proximité plus soutenu, une circulation de l’information plus régulière et plus structurée, une meilleure anticipation des contraintes financières et, enfin, un calendrier fidèle aux rythmes saisonniers, climatiques et socio-économiques de la zone. Les recommandations formulées en découlent logiquement : clarifier les rôles de chacun, intégrer les risques sécuritaires et les retards de décaissement dans la planification, améliorer la collecte et l’analyse des données, documenter les décisions importantes et valoriser davantage les initiatives communautaires existantes. Capitaliser pour mieux agir En définitive, l’atelier a rempli sa vocation, celle de documenter, de partager et de transformer l’expérience en savoir utile. Malgré des conditions d’exécution exigeantes, le projet RéSian laisse un acquis précieux, fait de pratiques éprouvées, de partenariats consolidés et d’une méthode participative que le consortium entend mettre au service d’interventions futures, mieux adaptées aux réalités du terrain et plus durables pour les populations vulnérables de la région de Tahoua. #ACF #ADESA #INTERSOS #ProjetRéSian #Tahoua #Niger #RésilienceCommunautaire #Capitalisation #AICS




